Malek Kalboussi est la récipiendaire 2025 de la bourse Marie-Victorin. Depuis 2022, elle est inscrite au doctorat sous la direction de Colin Favret, professeur au Département de sciences biologiques de l’Université de Montréal et chercheur à l’IRBV. Elle est co-supervisée par Annie-Ève Gagnon, chercheuse à Agriculture et Agroalimentaire Canada, où elle mène des études en lutte biologique par conservation.
Son projet de doctorat porte sur la génétique quantitative afin d’évaluer les effets des bandes fleuries sur la richesse et l’abondance des arthropodes ainsi que sur leur diversité trophique dans les cultures de laitue au Québec.
Malek Kalboussi a débuté ses études de maîtrise à distance, préparant son analyse documentaire et sa proposition de recherche alors qu’elle se trouvait encore en Tunisie. À son arrivée au Canada en janvier 2021, elle s’est mise au travail sans attendre. Sa capacité à lire et à assimiler la littérature scientifique est inégalée. Malek s’est rapidement adaptée à la culture universitaire du Québec. Elle a maîtrisé plusieurs protocoles moléculaires, comparant leur efficacité et leur coût, et a perfectionné la mise en œuvre d’une méthode de codage à barres d’ADN à moindre coût. Sa recherche de maîtrise a évalué la diversité moléculaire des insectes ennemis naturels, principalement des guêpes parasitoïdes, présents dans les habitats forestiers.
Au doctorat, Malek a poursuivi sa recherche en évaluant l’efficacité des bandes fleuries dans la lutte biologique par conservation. Elle applique les méthodes moléculaires de diversité des insectes développées lors de sa maîtrise pour mesurer la diversité des ennemis naturels des ravageurs de la laitue attirés par différentes bandes florales. Alors que ses travaux de maîtrise étaient axés sur les codes-barres d’ADN de spécimens individuels, ses recherches de doctorat portent sur le développement de méthodes permettant de quantifier la diversité d’échantillons en vrac (capturés dans des pièges Malaise, par exemple). En plus de documenter la diversité et l’abondance des ennemis naturels, par exemple en publiant une liste de contrôle des espèces de syrphes référencées par code-barres, Malek utilise des méthodes de métabarcodage pour étudier les interactions prédateur-proie. En identifiant à la fois les prédateurs et leurs proies, elle évalue si les ennemis naturels attirés par les bandes fleuries entraînent réellement une mortalité des principaux ravageurs de la laitue.
Malek est si compétente dans le laboratoire moléculaire qu’il est fréquent que son directeur, Colin Favret, lui confie la formation et la supervision d’étudiants de premier et de deuxième cycles. Elle est une cheffe d’équipe qui gère son programme de recherche avec brio!
Non seulement Malek Kalboussi excelle dans le travail de laboratoire et la recherche documentaire, mais elle sait également enseigner elle-même les méthodes informatiques. Devant intégrer l’analyse de la biodiversité bêta dans son projet, Malek a maîtrisé le script de plusieurs packages R en deux courtes semaines. Autodidacte, elle a vite surpassé les compétences de plusieurs étudiants bénéficiant d’une formation formelle.
Mme Kalboussi facilite une collaboration idéale entre un laboratoire de diversité des insectes et un laboratoire d’entomologie agricole appliquée, une combinaison parfaite pour la recherche sur la lutte biologique par conservation.
Elle cumule déjà plusieurs bourses, distinctions et prix, tant au Canada qu’à l’international. Avec plusieurs articles publiés dans d’excellents périodiques scientifiques, des présentations lors de conférences et d’une multitude d’implications sociales (comité, vulgarisation, jury, mentorat), Malek fait preuve d’une grande maturité scientifique, appuyée par une résilience à toute épreuve.